lundi 28 février 2011

11. San Telmo


San Telmo est un quartier de Buenos Aires où les grandes demeures d'architecture parisienne sont, sinon abandonnées, restaurées en hôtel, ou divisées en studios. 


Le weekend, le quartier de San Telmo regorge de touristes et d'argentins,
qui viennent se promener au milieu des étals de marché, 
d'artis-aneries et d'antiquités quittées. On s'y perdrait. 





Sur la place Dorrego, un couple usagé glisse quelques pas de tango sur leur carré de danse pendant qu'une vieille demoiselle laisse apparaître par intermittence son surplus de maquillage derrière un grand éventail.


A quelques pas, quatre accordéonistes essorent leurs instruments au rythme d'un tango plus récent. Un piano au milieu de la rue, une contrebasse qui se dandine, le groupe El Afronte m'apparaît comme l'incarnation argentine des aristochats. Et comme "tout leu mondeu veut d'venir un"...chanteur de tango, j'ai acheté leur CD, et nous avons été les voir à la Maldita Milonga.
Si vous voulez vous les glisser dans l'oreille, http://www.myspace.com/elafronte/music


Avant de partir, un petit homme de papier mâché attire mon attention, il tourne autour d'un lampadaire, une bouteille à la main, se cogne contre une porte en carton, revient, tourne encore en rond, sur un air de musique nostalgique. Buenos Aires, San Telmo et ses artristes.



samedi 26 février 2011

10. Mar del Plata

Pour échapper à l’ébullition de Buenos Aires, nous sommes allés rendre visite à la grand mère de mon porteño qui séjourne l'été à Mar Del Plata, une grande station balnéaire argentine. Un bol d'air, un bain d'eau de mer, et un grand coup de soleil nous attendaient. Alors que lui, comme beaucoup d'autres phoques de la région, arpentait les vagues avec sa planche de surf, je lisais au soleil, me promenais ou discutais avec les grands mères ! 
                                                         
                    
Moi, phénomène attendu et sans doute discuté depuis plusieurs jours, je me trouvais devant elles: " Ya esta la francesita!" Et oui la voilà, la française! Grands sourires aux lèvres peintes, chapeaux et lunettes de soleil, elles me racontaient, l'une après l'autre, leur visite à Paris, ah Paris! Le moulin rouge, les Folies Bergères et Montmartre...le "Sacrocoeur" comme l'une d'elle me répétait...C'est sur qu'à côté des barres d'immeubles faisant face à la mer, Paris peut faire rêver!



Après le discours de leur périple européen, j'ai écouté attentivement les aventures de chacun des petits enfants. Et voilà que j'apprends que le jeune homme bronzé qui drague sur la plage est le petit fils de l'une d'entre elle et qu'il a du cholestérol! "Ca, c'est le coca!" s'exclame-t-elle. Plus tard, un garçon d'une dizaine d'année passe nonchalamment dire à sa grand mère qu'il s'en va retrouver sa "copine" sur la plage. Un grand débat s'ouvre alors sur l'influence de la télévision sur ces jeunes enfants: mais comment peut-il être amoureux à son âge enfin?!

L'après-midi s'achève, elles s'en vont l'une après l'autre et je reste avec sa grand mère. Elle me raconte alors que lorsqu'elle était jeune, une "mademoiselle" passait ses journées avec elle pour lui apprendre le français, les bonnes manières et l'accompagner dans ses sorties de Buenos Aires. De cette "mademoiselle", il semble ne lui rester que quelques souvenirs épars: qu'elle venait de Neuilly, lui disait "A tout à l'heure" et lui a écrit quelques lettres qu'elle conserve précieusement. M'entendre parler français lui rappelle de bons moments de sa jeunesse.

Avant de repartir à Buenos Aires, nous avons mangé quelques "churros" arrosés de sucre et fourrés à la confiture de lait, une pâtisserie bien sympathique et des plus diététiques!

Enfin, vaux, vaches, chevaux, champs à perte de vue, et ciel étoilé ont défilés durant les cinq heures de route du retour.

jeudi 10 février 2011

9. Caminito, haut en couleur!

Un des coins les plus touristiques de Buenos Aires est  cette petite partie du quartier de la Boca,appelée Caminito.


Quinquela Martin, abandonné enfant et recueilli par une famille pauvre du quartier devient peintre. Il répand alors à ses voisins l'idée de peindre leurs maisons de couleurs vives pour échapper à la tristesse de leur pauvreté.
Les maisonnettes de Caminito ont été dressées par les gens eux-mêmes, des sortes de bidonvilles de l’époque. En montant les escaliers qui mènent aux boutiques des étages, on peut jeter un coup d’œil à Caminito vu de haut, et s’apercevoir de la faiblesse des constructions. Comme par magie, ces étages arrivent à supporter le poids incessant de touristes plus ou moins légers et nombreux ! Et puis deux ou trois clous qui dépassent, ya rien de bien grave mon ami, ici c’est l’Argentine ;)

Aujourd’hui, cet endroit ressemble à la place des artistes de Montmartre, il y a de l’attrape touriste à tous les coins : démonstration de tangos, de flamencos en veux-tu en voilà, des petits tableaux sans doute faits en Chine, des souvenirs à gogo de tango, de Caminito… Pour autant, la réputation de ce quartier n’est toujours pas glorieuse et il est déconseillé de s’y aventurer seul la nuit.

Tranchant avec ce décor, un bâtiment récent, blanc, très épuré reçoit la fondation PROA, musée et bibliothèque d’art contemporain, qui vaut le détour rien que pour l'architecture de l'édifice: http://www.proa.org/esp/

Caminito comme lieu « infréquentable » est un des endroits d’origine du tango. De nombreuses chansons parlent du « Riachuelo », qui coule tout près de ce quartier. A propos, le Riachuelo dégage une odeur de poisson pourrie tout sauf romantique !

En marchant au bord du Riachuelo et en s’éloignant un peu de la partie touristique, nous avons croisé une Murga. La Murga est une fanfare argentine qui prend ses origines dans les danses d’esclaves noirs. Des jeunes du quartier s’y défoulaient à coups de pas de danse particulier. En voici un  court extrait : 







vendredi 4 février 2011

8. Plaza de Mayo....

La Plaza de Mayo est le centre de Buenos Aires.

Historiquement, tout Buenos Aires était représenté par cet endroit où se concentrent le pouvoir politique, le pouvoir religieux dans la cathédrale, et le pouvoir économique auprès de la banque nationale argentine.

Centrale, elle l'est en tout cas pour les touristes, qui multiplient les photos devant la maison du gouvernement appelée La Casa Rosada - littéralement la maison rose. 
(Rose? Les argentins unitaires représentés par le bleu et les fédéralistes en rouge s'étripaient et la légende dit qu'après une couche de bleue, une couche de rouge, l'édifice rosit! Plus pragmatique, il paraîtrait que la chaux mélangé au sang de boeuf donnerait cette couleur...)

Devant la maison rose,se tient une statue de Manuel Belgrano, général indépendantiste à l'origine du drapeau national argentin:

 
La cathédrale de Buenos Aires...je ne l'ai pas repéré tout de suite car je cherchais une église plutôt haute, et non pas un édifice à l'allure de temple cachée derrière des arbres:

L'intérieur de la cathédrale est très lumineux. Comme les argentins sont très pieux, il n'est pas rare de les voir sortir du travail pour s’engouffrer à la messe de midi lors de la pause déjeuner:


A l'intérieur de la cathédrale, se trouve le tombeau de celui qui est reconnu comme le grand libérateur de l'Amérique latine: le général San Martin, mort en France, à Boulogne sur Mer! Du "San Martin" et "Boulogne sur mer", il y en a partout: noms de rues, de villages ou encore de cafés!


Une garde ventilée...




 La Plaza de Mayo est aussi le centre des contestations: las abuelas de la Plaza de Mayo, ou grands mères de la place de Mai, manifestent chaque jeudi les disparus de la dictature et les appropriations d'enfants. Les autres jours, de nombreuses banderoles restent tendues là pour témoigner de leur mouvement.

En regardant le plan de métro de Buenos Aires, on dirait que tout converge vers cette place. Plaza de Mayo se trouve au croisement des lignes verte, bleue et violette:


Et puis sur la Plaza de Mayo, il y a aussi les grilles anti-manifestations, les balayeurs, les oiseaux...